Les artistes

Fanch Dodeur et Barthélémy Peron

Fanch Dodeur : Plasticien-musicien

« Cinq années de Beaux-arts suivies d’un post-diplôme m’ont amené à porter un regard curieux sur les choses. Adepte de l’improvisation, musicien touche à tout mais « souffleur » dans l’âme (saxophone/flûte traversière), le pouvoir des notes  et l’aspect  immatériel du son m’intriguent  et me captivent toujours autant. « Coincé » entre ma pratique instrumentale et plastique, mes recherches m’ont inévitablement conduit à créer des passerelles entre l’image et le son.

Inspiré par ce que je découvre du monde, je tente d’offrir une forme à ce qui ne se voit pas, d’apporter une résonance audible aux plus silencieux des événements.

Ami de la science, bidouilleur par nature et passionné par les nouvelles formes d’expressions et de communications issues des technologies actuelles, j’essaie de comprendre leurs fonctionnements et d’analyser leurs influences sur la société.

Après quelques périples européens puis deux voyages en Asie, l’un en Inde (2008) et l’autre en Chine (2010), l’envie de partir plus loin, plus longtemps, s’est très vite ressentie, la seule condition étant d’en faire un projet singulier, utile et ouvert, qui s’intègre au cœur de ma démarche artistique.”

Barthélemy Péron : créateur multi-média

“Depuis la fin de mes études en 2007, je multiplie les expériences professionnelles dans le domaine de la création d’images, principalement grâce à l’outil informatique dont je maîtrise les principales fonctions d’édition visuelle (retouche photo, montage et compostiting video, web-design, animation…)

Mon statut d’indépendant me permet de concilier des travaux de commandes rémunérés qui me font gagner ma vie, avec des collaborations et projets en tous genres qui assouvissent ma curiosité, me font rencontrer d’autres sensibilités et découvrir sans cesse de nouvelles possibilités…

Mais cette activité ne laisse pas beaucoup de place pour la réalisation de mes projets les plus personnels et me fait passer trop de temps devant un écran d’ordinateur.

Dans une société qui m’autorise à partir à la rencontre du monde, à élargir mon horizon, j’ai reçu une éducation qui m’a donné le goût de l’aventure, à travers différents voyages (Maroc, Espagne, Portugal, Grèce, Martinique, Roumanie…).

Amoureux de la nature et disposant d’un modeste bagage scientifique, je n’ai jamais su séparer ma pratique artistique (dessins, photos, vidéos…) de ce goût prononcé pour les sciences naturelles.

Par ailleurs, j’explore depuis quelques années le vaste territoire des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication), d’Internet, et des cultures multimédia qui en émergent, passionné par les enjeux de citoyenneté, de liberté, et de créativité que soulèvent ces phénomènes.”

Une démarche artistique en duo :  Géocyclab

« Notre binôme est né à la suite d’un projet d’atelier nomade de création et de recherche. Geocyclab a vu le jours en 2010 et nous l’avons expérimenté de 2012 à 2015 sur les routes du monde, parcourant 20 000 kilomètres à vélo dans plus de vingt pays. Partis de rien, nous avons développé, affiné et optimisé nos outils et méthodes de travail pour inventer un atelier mobile à notre échelle. L’épreuve du terrain, les changements de rythmes, de cultures, les rencontres, les contraintes de temps ou de climat, les problèmes matériels, nous ont poussé à re-questionner sans cesse son fonctionnement, rehaussant constamment son caractère expérimental.

Depuis ses balbutiements en 2010, cette expérience nous permet de vivre et d’interroger le déplacement comme contexte et support d’expression artistique, et parallèlement, de documenter l’émergence d’une culture internationale du Libre (*) sur laquelle Geocyclab s’est fondé. Aux questionnements esthétiques, plastiques ou conceptuels s’ajoute donc une véritable réflexion sur le fonctionnement d’un laboratoire mobile, “connecté” et sans frontière au vingt-et-unième siècle.

Si nos centres d’intérêts communs ont inspiré les objectifs de Geocyclab, c’est bien la complémentarité de nos pratiques et la variété des interlocuteurs rencontrés sur notre route qui ont nourri et continuent d’alimenter l’ensemble de nos productions.

Avec le retour, est venu le temps de l’analyse, d’une prise de recul qui nous conduit à concevoir la restitution non pas comme une conclusion, mais bien plus dans la continuité de ces cinq années de recherches. Et c’est depuis ce positionnement que nous envisageons aujourd’hui d’approfondir les principales problématiques (nomadisme – autonomie – culture du Libre) abordées avec Geocyclab.

haiku-029 from Geocyclab on Vimeo.